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p.158- Une charte européenne de la parturiente-Mme LlorcaVillaplana

Mme Llorca Villaplana est députée espagnole de Madrid (GPP) au Parlement européen 

 

 

Cette Charte européenne de la parturiente (l- 1. Cf. Sages-femmes du monde, Enfanter, le lien mère enfant père, op.cU. fut motivée par une proposition de résolution présentée par plusieurs députés, de nationalité italienne notamment, dont Mme Squarcialupi qui déploya dans les législations antérieures une activité très importante. Avec Mmes Trupia et Rodano, elle formula cette proposition de résolution qui élargissait les législations précédentes. 

 

J'ai été chargée ensuite d'établir le rapport. Je ne me suis pas contentée d'inclure les demandes énoncées dans cette proposition mais j'ai également ajouté tout un ensemble de points à la suite des consultations opérées dans le groupe des sagesfemmes espagnoles, françaises et belges, et auprès de nombreux médecins pratiquant dans des cliniques en Espagne et à Bruxelles. Le fruit de ce travail fut adapté à l'apport de nombreux députés européens. 

 

Certaines idées n'ont pas été adoptées ou ont été subordonnées à un critère d'acceptation par les divers États parce que, par exemple, l'idée de l'accouchement des femmes à leur domicile n'était pas partagée par plusieurs pays, notamment l'Espagne, l'Italie ou même la France. Dans certains États, tels que l'Espagne, la Grèce ou le Portugal, où les distances entre la clinique et le domicile sont parfois très grandes, il peut arriver que, en cas de difficulté, tout retard dans l'arrivée de l'assistance médicale puisse avoir des conséquences funestes pour la parturiente, Pour cette raison, je dis que, malgré certaines différences, il est clair que nous avons élaboré ensemble une Charte qui fut adoptée à l'unanimité. Les Euro-députés de sexe féminin sont tous animés par un même désir: obte.nir ce qu'il y a de meilleur pour la femme.

 

Cette charte européenne de la parturiente fut transformée par la Commission en un code de bonnes intentions. On évitait ainsi de l'inclure dans les statuts et les règlements de la Communauté. Il est clair que ce code de bonnes intentions ou de bonne conduite - renferme la majeure partie des aspirations exprimées, de manière à pouvoir servir à la mise en route de la charte.

 

Nous avons demandé que, dans la perspective de l'année 1993, date magique qui marquera l'avènement de la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux, et la suppression des frontières intérieures en Europe, que toutes les femmes puissent choisir en toute liberté le pays, le lieu et le centre où elles voudraient donner le jour à leur enfant. Compte tenu de l'intense circulation des gens d'un pays à l'autre et du déplacement, dans cette Europe débarrassée de ses frontières, d'une multitude de femmes originaires de pays étrangers à la Communauté. Je dois ajouter que certains pays du Nord craignent que cette mesure puisse provoquer un afflux de femmes du Sud désireuses d'accoucher dans leurs cliniques parce qu'elles y recevraient, à leur avis, de meilleurs soins. Je ne partage pas cette crainte. Je crois que chaque femme souhaite que son enfant naisse dans les meilleures conditions, à l'endroit où elle est née, et qu'il soit entouré de tous les éléments de la société à laquelle elle appartient. Mais, quoi qu'il en soit, je souhaite préciser clairement que la femme doit pouvoir dIsposer de cette liberté.

 

D'une certaine manière, c'est ce qui fut voté en 1988, avec quelques années d'avance sur 1993, date à laquelle ce principe sera mis en application par la loi naturelle de l'évolution de la Communauté et une reconnaissance de normes communes. On souligna, à ce moment-là, le besoin d'une formation de la sage-femme, et la nécessité d'une information beaucoup plus complète des femmes pour qu'elles prennent conscience de la très grande importance de l'acte d'avoir un enfant. Des demandes en ce sens furent

déjà adressées aux États membres de la Communauté dans cette Charte européenne de la parturiente. On insista notamment pour qu'elles possèdent une fiche médicale personnelle, pouvant être emportée et présentée dans n'importe quelle clinique pour que le personnel soit en mesure de s'occuper d'elles dans les meilleures conditions, en connaissant parfaitement leur situation.

 

Comme vous le constaterez, cette Charte européenne de la parturiente fut le catalyseur d'une série de dispositions, de directives et de décisions prises par les gouvernements, alors qu'ils n'étaient pas obligés de les adopter. Nos pays, je le répète, ont compris qu'ils étaient tenus d'anticiper les événements. On fit ressortir aussi la nécessité d'encourager la nomination et la formation des sages-femmes. Je pense que la profession que vous exercez est d'une importance capitale et nous demandions par conséquent que la formation des sages-femmes réponde au profil du métier que vous pratiquez.

 

J'ai toujours professé une foi profonde à l'égard des professionnels. Je réalise que personne n'est mieux en mesure qu'eux de communiquer, à tous ceux qui ont le pouvoir de légiférer, les nécessités, les réalités, auxquelles ils sont confrontés. Pour cette raison, je souhaite l'établissement de relations étroites entre nous. Je l'ai déjà dit, mais je le répète pour que vous en preniez bonne note, nous voulons améliorer la vie de chacun, nous devons améliorer la formation des professionnels, précisément en raison de son importance.

 

Nous voulons informer les femmes de tout cela, encore à l'état de projet ou de bonnes intentions, pour qu'elles puissent en bénéficier, ainsi d'ailleurs, que la société de demain. Nous désirons que la femme prenne conscience de son importance comme femme, comme mère et comme membre d'une communauté qui doit accepter de l'assumer dans son intégralité et commencer à intégrer sa manière d'être, ses désirs et lui donner ce qu'elle souhaite et ce dont elle a besoin.

 

Il m'a été demandé quels sont les pays qui peuvent mettre en pratique les recommandations de cette Charte. Nombre d'entre eux les ont déjà mises en ceuvre et je crois que les États réticents, après cette ultime directive, finiront naturellement par les accepter. Quant aux moyens disponibles pour modifier certains aspects de la Charte, en fait, les instruments ne manquent pas: propositions de résolution, questions, communications, campagnes de publicité. Le Parlement européen est extrêmement sensible à toutes ces actions et, dans cette optique, nous devons essayer de mieux nous connaître pour réussir véritablement à adopter des mesures bénéfiques à l'ensemble des pays de la Communauté.

Je tiens à souligner que chaque pays de la Communauté doit pouvoir disposer d'une flexibilité suffisante pour appliquer cette norme selon ses nécessités, ses possibilités et les caractéristiques de sa population. Mais, quoi qu'il en soit, ce que nous souhaitons avant tout pour tout le monde, c'est un meilleur traitement, sur le plan professionnel, et qu'il soit convenu que la femme doit être prise en charge, non seulement sur le plan médical mais aussi psychologique; nous voulons l'aider à accoucher et penser qu'elle fait quelque chose d'une importance capitale.

 

Merci d'avoir un niveau aussi élevé de foi en l'Europe, et dans les parlementaires européens.

 

 

Que pense Sages-femmes du monde de la Charte européenne de la parturiente?

Nous avons lu cette Charte avec attention et l'avons diffusée auprès des parents et professionnels de la naissance. Nous l'avons publiée dans notre livre Enfanter (cf Bibliographie). Nous pensons que c'est un document de base qui existe et permet l'échanger des idées. Mais ne ressortent pas d'une manière clairement affirmée les priorités de l'accompagnement global de la naissance par les sages-femmes ainsi que des définitions de naissance normale et pathologies obstétricales.

Cette Charte nous apparaît effectivement comme un code de bonnes intentions, où l'on a peut-être voulu négocier un juste milieu selon les habitudes de suivi des naissances dans les différents pays d'Europe. Il faudrait qu'elle soit mise réellement en pratique pour porter le nom de Charte européenne de la parturiente. De toute façon, la question demeurera de son application dans les différents pays d'Europe. En outre, le terme «sagefemme» ne figure pas dans le texte. Or, dans la langue française, la personne qui est responsable de la parturiente, c'est la sage-femme. Le terme « accoucheuse» qui figure dans la Charte est inadéquat pour couvrir toute la profession de sage-femme et est employé, notamment dans les pays du tiers monde, pour nommer une aide-sage femme. On parle alors d'« accoucheuse auxiliaire ». Enfin, il ne s'agit pas d'augmenter le nombre de médecins femmes pour la naissance. Un médecin femme est un médecin chargé de soigner la pathologie. C'est le nombre de sages-femmes qu'il faut augmenter en Europe et hors de l'Europe pour assurer la qualité du suivi des naissances. Il nous paraît donc important que la Communauté européenne, le Conseil et les parlementaires européens revoient et amendent cette Charte après consultation des sages-femmes.

Article ajouté le 2008-04-05 , consulté 38 fois

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